Ituri : La rébellion CRP de Thomas Lubanga décrète un cessez-le-feu avant des discussions avec Kinshasa

Dans un contexte marqué par de fortes tensions sécuritaires dans l’est de la République démocratique du Congo, la Convention pour la Révolution Populaire (C.R.P) a annoncé un cessez-le-feu unilatéral à compter du 14 mai 2026 à minuit. La décision a été officialisée dans une déclaration signée par Thomas Lubanga Dyilo, ancien chef de guerre iturien désormais à la tête de ce mouvement politico-militaire actif en Ituri.
Selon le document officiel publié jeudi, cette trêve intervient dans le cadre des préparatifs d’un pré-dialogue avec le gouvernement de Kinshasa, sous une facilitation ougandaise. La C.R.P affirme vouloir créer « une chance optimale de réussite » pour ces échanges, dans l’espoir de favoriser une désescalade des violences dans une région secouée depuis plusieurs années par des affrontements armés récurrents.
Le mouvement appelle également les forces adverses à éviter toute provocation susceptible de replonger l’Ituri dans « de nouvelles escalades dramatiques ». Un message qui intervient alors que les opérations militaires se poursuivent dans plusieurs territoires de la province, où les groupes armés restent nombreux malgré l’état de siège instauré par les autorités congolaises.
Cette annonce survient seulement quelques jours après la visite officielle du président Félix Tshisekedi à Kampala, en Ouganda, une séquence diplomatique qui alimente déjà les spéculations autour d’un possible rapprochement régional pour tenter de stabiliser l’est de la RDC.
Figure controversée de l’histoire récente de l’Ituri, Thomas Lubanga avait été condamné en 2012 par la Cour pénale internationale pour enrôlement d’enfants soldats avant d’être libéré après avoir purgé sa peine. Son retour progressif dans le débat politico-sécuritaire congolais continue de susciter de nombreuses réactions au sein de l’opinion publique et des acteurs politiques.
Sur le terrain, plusieurs observateurs estiment que ce cessez-le-feu pourrait constituer un premier signal d’apaisement, à condition qu’il soit respecté par toutes les parties impliquées.
Jonathan KITATU



